Titre : L’inventaire des rêves
Auteur/Autrice : Chimamanda Ngozi Adichie
Maison d’édition : Gallimard
ISBN : 9782073081407
Public cible : Tout public
Genre : Roman
Mots-clés : Féminisme, Africanité, Amitié, Corps des femmes, Néocolonialisme, États-unis, Identité noire
Libraire : Suzanne
Résumé : L’inventaire des rêves, c’est avant tout la naissance de quatre grandes héroïnes, quatre femmes puissantes venues d’Afrique de l’Ouest dont les destins et les rêves se croisent. Chiamaka est une rebelle qui a déçu sa famille huppée du Nigeria, car au mariage avec enfants elle préfère vivre de sa plume, sans attaches. Mais est-ce vraiment son rêve ? Sa meilleure amie Zikora, qui a toujours voulu être mère, réussit à trouver le parfait alter ego, mais sera-t-il à la hauteur ? Quant à Omelogor, cousine de la première, femme d’affaires brillante, elle rêve de combattre les injustices faites aux femmes et plaque tout pour reprendre des études aux États-Unis. Et puis il y a Kadiatou, domestique adorée de Chiamaka, fine cuisinière et tresseuse hors pair. Son rêve américain se réalise quand un hôtel de luxe l’embauche comme femme de chambre, pour le meilleur et surtout pour le pire. Les rêves des femmes seraient-ils plus difficiles à atteindre? Dix ans après le succès planétaire d’Americanah, la grande Adichie signe un magnifique nouveau roman, ample et saisissant. En mêlant avec brio sujets profonds et frivolité, drames et douceur, L’inventaire des rêves bouleverse autant qu’il amuse. Car si ces quatre héroïnes inoubliables aiment rêver d’amour, papoter pendant des heures, partager plats savoureux et plaisanteries, elles sont aussi et avant tout des femmes noires qui, chacune à sa manière, doivent questionner l’impact qu’à leur couleur de peau sur leur parcours, et sur le regard des autres.
Appréciation :
L’inventaire des rêves contient tous les thèmes chers à Chimamanda Ngozi Adichi, déjà présents dans le roman qui l’a rendue célèbre, Americanah, et dans ses nouvelles : le destin des immigrés africains aux États-Unis, l’émancipation en tant que femme noire, le corps des femmes. J’ai particulièrement aimé ce roman, parce qu’il met en relief les différences de classes au sein de la diaspora africaine aux États-Unis. Ngozi Adichi lutte encore une fois contre le préjugé raciste qui considère les personnes noires comme une entité, en effaçant toutes les nuances, les différences et antagonismes des communautés et des individus. Le roman choral nous permet d’accéder aux aspirations et dilemmes intérieurs de plusieurs femmes noires, à propos des relations amoureuses, de l’amitié, du mariage et de la maternité. La dernière partie du roman s’intéresse plus particulièrement à une affaire qui a précédé Meetoo (je ne veux pas divulgâcher quoique ce soit ici). L’autrice y met en lumière combien les préjugés de classe, de race et de sexe au sein des médias et de la justice peuvent broyer des individus. C’est un roman qui esquinte le patriarcat et le néocolonialisme avec beaucoup d’humour et une profonde humanité. La gauche américaine en prend aussi pour son grade; Ngozi Adichi a peut-être gardé un peu de rancœur d’avoir été accusée de transphobie, mais ceci est un autre débat.
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